Accueil Articles L’allégation de contradiction dans le Coran

L’allégation de contradiction dans le Coran

lallegation_de_contradiction_dans_le_coran

[En réponse à] L’un d’entre eux [qui] dit :

“ Le Coran évoque souvent l’unicité de Dieu et Sa singularité dans Son essence et dans Ses attributs, en disant que rien ne Lui ressemble, et que rien ne Lui est associé dans les qualités de Sa seigneurie telles que la permanence et l’éternité. Cependant, le Coran affirme l’éternité pour les hommes aussi le Jour Dernier, qu’ils soient croyants ou incroyants. N’y a-t-il pas en cela une contradiction criante que tout le monde peut constater ? Puis, au moment où le Coran confirme de façon absolue le fait que les hommes resteront éternellement au paradis ou en enfer, il revient sur sa parole et rend cette éternité conditionnée par la durée que Dieu veut bien lui consentir en disant : « Pour ce qui est des réprouvés, ils seront dans le feu où ils se répandront en râles et en sanglots. Ils y demeureront aussi longtemps que dureront les cieux et la terre à moins que Dieu n’en décide autrement, car ton Seigneur fait ce qu’Il veut. » (Coran, 11 :106-107) et cela est également affirmé dans le verset 108 de la même sourate. Ainsi le Coran ajoute-t-il de l’inconsistance à ses contradictions apparentes ! “

Je dis :

Il n’y a dans le Coran ni contradiction ni inconsistance.

Mais lorsque l’inconsistance et la mauvaise compréhension s’insinuent dans un esprit, elles jettent leurs ombres sur tout ce que la raison vise à étudier et à appréhender, le teintant de leurs couleurs si bien que l’intellect ne voit qu’inconsistance dans tout ce qu’il observe.

Que Dieu fasse miséricorde au poète qui a dit :

Combien d’hommes critiquent une parole correcte
Tandis que l’erreur ne vient que de leur intellect !

Dieu dit vrai lorsqu’Il affirme : « Il n’est rien qui Lui soit comparable » (Coran, 42 : 11) et lorsqu’Il dit : « et Il n’a aucun pair » (Coran, 112 : 4) ainsi que lorsqu’Il déclare : « Il est le Premier, le Dernier, le Manifeste, l’Occulté » (Coran, 57 : 3).

Autrement dit, Dieu est unique – Exalté soit-Il – et rien ne peut Lui être comparable. Dieu dit vrai également lorsqu’Il affirme : « Ceux qui ont cru et pratiqué les bonnes œuvres auront le jardin du Firdaws comme lieu de séjour. Ils y demeureront à jamais et ne souhaiteront pas le quitter pour un autre endroit. » (Coran, 18 : 107-108)

Nous avons médité et observé ces versets et nous n’avons trouvé entre cette parole divine et celles qui la précèdent qu’harmonie et concorde. Dieu – Exalté soit-Il – est unique dans Son essence et Ses attributs et nul ne Lui est associé : Il est le seul à être le Premier dont l’existence n’a point de début, et Il est le seul à être le Dernier dont l’existence n’a point de fin. Il est permanent et ne S’altère pas. Son existence et Son éternité procèdent de Lui-même et ne proviennent pas d’un autre.

Dieu a voulu rendre les hommes éternels lors de leur seconde création, c’est-à-dire au Jour Dernier : Il les fera vivre éternellement sans subir de mort ou de fin, qu’ils fassent partie de ceux qui seront enveloppés de Sa miséricorde ou de ceux qui mériteront Son châtiment.

Cependant, Celui qui les fait durer éternellement c’est Dieu lui-même car c’est Lui qui prolonge leur existence, instant après instant, de telle sorte que s’Il les abandonnait ils disparaîtraient sur le champ ne laissant derrière eux que leurs traces !

Ceci revient à dire que lorsque l’éternité de Dieu procède de Lui-même et résulte de Sa divinité, l’existence de Ses serviteurs, qu’elle soit limitée comme dans la vie d’ici-bas ou éternelle comme dans l’au-delà, ne provient que de Sa volonté de les maintenir en vie.

Où est donc en cela l’associationnisme qui contredirait ce qui est affirmé et établi au sujet de l’unicité de Dieu ?

Je dis à ceux qui ont un raisonnement inversé et des regards incapables de voir la réalité : Lorsqu’un père prend son enfant qui n’a pas encore atteint les douze mois par ses avant-bras et le fait lever sur ses petites jambes frêles, cela fait-il de cet enfant l’associé de son père dans la faculté de se mettre debout ? Si tel est le cas pourquoi l’enfant s’écroulera-t-il par terre dès que son père le lâchera ?

Telle est donc l’histoire de l’existence éternelle de Dieu qui ne procède que de Lui-même, et la façon dont Il maintient l’existence de Ses serviteurs. Tandis que Son existence provient de Sa seigneurie et de Sa divinité, la maintenance en vie de Ses créatures procède de Sa puissance et de Sa volonté de leur accorder tout ce qu’Il leur consent, pour toute la durée qu’Il veut.

Je dis à ceux qui réfléchissent à l’envers : ce que vous imaginez être de l’incohérence dans la parole de Dieu n’est qu’une explication de cette vérité, afin de lever l’ambiguïté qui s’est insinuée dans vos esprits malades. En effet, c’est pour que vous ne puissiez pas divaguer dans l’illusion de penser que les hommes deviendront le Jour Dernier semblables à Dieu dans Son attribut d’éternité, qu’Il a attiré votre attention sur le fait que leur éternité dans l’au-delà n’aura lieu que par Sa volonté et Son pouvoir !

Si Dieu ne le veut pas pour eux, Il ne leur accordera pas le secret de l’éternité. Tel est le sens de ce verset : « Pour ce qui est des réprouvés, ils seront dans le feu où ils se répandront en râles et en sanglots. Ils y demeureront aussi longtemps que dureront les cieux et la terre à moins que Dieu n’en décide autrement, car ton Seigneur fait ce qu’Il veut. » (Coran, 11 :106-107) et du verset suivant qui montre pareillement l’état de ceux qui seront bienheureux.

Cela signifie que l’éternité du premier comme du second groupe ne provient pas de leurs aptitudes et compétences intrinsèques, mais elle n’est que le fruit de la volonté divine. Si cette volonté cessait et si Dieu voulait qu’elle soit altérée, cette éternité se transformerait en cet instant même en néant.

Cependant, Dieu décida dans Sa science et Sa volonté prééternelles qu’Il leur accordât une éternité qui n’aura pas de fin, conformément à Son vouloir et Sa sagesse.

* * *

Celui qui ne voit pas cette vérité évidente, ne doit pas seulement s’interroger sur l’éternité des hommes le Jour Dernier. Il devrait s’interroger également sur le fait que les hommes et toutes les créatures soient associées à Dieu dans la qualité de l’existence et de vie, ne serait-ce que pour quelques jours ou minutes.

En effet, l’existence est un des attributs de Dieu. Et nous voilà donc tous bénéficier comme Lui de cette existence. Nous sommes donc Ses associés dans l’un de Ses plus augustes attributs ! Or cela serait contradictoire avec ce qu’affirme le Coran à propos de l’unicité de Dieu et l’inexistence de ce qui Lui est semblable !

Cependant, on vient de voir que cela n’est qu’une illusion au-dessus de laquelle s’élèvent l’intelligence des hommes raisonnables et la pensée de ceux qui réfléchissent. L’existence de Dieu est une existence en soi, établie du fait de Sa divinité : elle ne provient pas du néant et n’aura pas de fin, elle n’a besoin de rien d’autre pour se maintenir.

À l’inverse, l’existence de toute autre chose que Dieu, n’a lieu que par la création de Dieu, et par le maintien que Dieu lui accorde instant après instant, de telle sorte que si Dieu la délaissait elle deviendrait illusion et néant.

Tel est le sens de ce verset coranique : « C’est Dieu qui retient les cieux et la terre de s’effondrer »[1] (Coran, 35 : 41) et tel est le sens de l’attribut de « Qayyûmiyya », autrement dit du fait que Dieu soit Celui qui subsiste par Lui-même et qui soutient le reste de Sa création comme on le lit dans ce verset : « Dieu est tel qu’il n’y a pas de divinité en dehors de Lui, le Vivant qui subsiste par Lui-même » (Coran, 2 : 255).

Comment est-il possible de croire à une association entre la vérité et l’illusion, ou entre l’être et son ombre ?

En résumé, nous disons que notre existence et celle de toute autre créature est une existence par la grâce de Dieu, et non une existence avec Dieu. Il en est de même pour les attributs tels que la puissance, la science et l’éternité au Jour Dernier.

Tout cela ne peut avoir lieu que grâce à Lui, et ne constitue pas une forme d’association avec Lui. Car le fait d’être avec Lui dans ces attributs aurait signifié que nous Lui soyons associés ; quant au fait de n’en bénéficier que grâce à Lui, cela témoigne de l’impuissance de la créature face à l’Omnipotence du Créateur – Exalté soit-Il – qui S’élève au-dessus de tout ce que les ignorants imaginent et de tout ce sur quoi insistent les arrogants.

[1] Pour des raisons de contexte, la traduction de A. Penot de ce verset a été un peu modifiée. (NdT).

Articles liés

Articles suggérés