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Le Coran avoue-t-il que le musulman est éloigné du droit chemin ?

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Le Coran avoue-t-il que le musulman est éloigné du droit chemin ?
DR. M SAÏD RAMADAN AL BOUTI
يقول قائلهم: يقرأ المصلي في كل صلاة ، الفاتحة ، وفيها هذه الآية (اهدنا الصرط المستقم) وهذا دليل جازم على أن المسلم لم يهتد بعد إلى الصراط المستقيم ، ولو كان تمسكه بالإسلام التزاما بالصراط المستقيم لما أمر بالبحث عنه عن طريق هذا الدعاء المتكرر في كل صلاة ، وينتهي هذا القائل إلى أن الصراط المستقيم يمكن العثور عليه عن طريق المبشرين ، ومن خلال الإصغاء إلى نصائحهم وبياناتهم التبشيرية المعروفة…

L’un d’entre eux dit :

Le fidèle lit dans chacune de ses prières la sourate 1, « l’Ouverture », qui contient ce verset : « Conduis-nous sur la voie droite. » (Coran, 1 :6) Ceci est une preuve irréfutable que le musulman n’a pas encore trouvé le droit chemin, car si s’accrocher à l’islam voulait dire emprunter la voie droite, il n’aurait pas été ordonné aux musulmans de demander à Dieu de les guider vers cette voie, à travers cette invocation répétée dans chaque prière.

Celui qui émet cette opinion finit par dire :

Le droit chemin peut être trouvé chez les évangélisateurs et en écoutant leurs conseils et recommandations connus, appelant à les rejoindre.

Je dis :
Bien que cette question fallacieuse n’abusera jamais une personne douée d’une réflexion libre, il est utile de la traiter comme si c’était une vraie question, puis d’y répondre à travers un dialogue rationnel que nous supposons mener.

Premièrement :

Qui a dit que la guidance accordée par Dieu à un serviteur se fait en un seul instant, puis la prévenance divine le quitterait une fois cette guidance ancrée en lui, lui accordant la foi qui lui permette de cheminer sur la voie droite, sans trébucher et sans s’égarer jusqu’à la fin de sa vie ?

Qui a dit que la guidance divine est semblable à un chargeur pour un appareil électrique : on s’en sert pour le remplir de l’énergie nécessaire, puis on s’en sépare, laissant l’appareil fonctionner en toute régularité ?

La guidance que Dieu accorde à Son serviteur est semblable à tous les autres aspects de la prévenance divine à l’égard de l’homme : qu’il s’agisse de la force physique, de la compréhension intellectuelle, de la santé du corps, ou de la vie elle-même, elles se renouvellent et se perpétuent instant après instant, de telle sorte que si Dieu les délaissent, elles ne sont plus rien. Ma bonne santé se perpétue grâce au renfort que Dieu lui accorde en permanence. Mon intelligence et ma mémoire se maintiennent grâce au renfort permanent que Dieu leur accorde, et il en est de même avec la parole, l’ouïe, la vue et la vie. Semblable à tout cela est donc la guidance, qu’on définit par l’inspiration accordée par Dieu à Son serviteur de suivre la bonne voie, et le succès qu’Il l’aide à atteindre dans l’avancement sur cette voie. La guidance ne se perpétue que grâce à la prévenance divine envers le serviteur : Dieu le renforce par une inspiration continue et lui permet en permanence de réussir à cheminer selon ce qu’Il exige de lui.

C’est ainsi que le serviteur a un besoin permanent de la prévenance de Dieu dans toutes les circonstances qui le concernent. La prévenance divine n’est pas –comme je l’ai dit- une énergie avec laquelle l’être humain est chargé pour qu’il devienne indépendant dans ses affaires, qu’il agisse sans aide, et qu’il se guide vers la vérité sans que quelqu’un lui montre le chemin. Si tel était le cas, cette énergie serait un outil efficace, tel un auxiliaire, que Dieu utiliserait afin de réaliser Ses sentences, alors que Dieu est tellement élevé au-dessus de cela. Il n’y a pas une seule personne sensée, croyante en la divinité de Dieu qui lui attribuerait ce non-sens.

Il apparaît donc clairement que le serviteur éprouve, incessamment, un besoin pressant d’invoquer Dieu afin qu’Il le renforce continuellement, en lui accordant l’aide dont il a besoin pour construire sa vie et qu’Il lui accorde la guidance permanente vers la vérité. Ne voyez-vous pas que le serviteur prononce cette invocation : « Seigneur Dieu, accorde-moi une santé parfaite » alors qu’il en bénéficie déjà, et celle-ci : « Seigneur Dieu fais-moi bénéficier de mon ouïe, de ma vue et de ma force » tandis qu’il a déjà bon usage de tout cela ? Pareillement, il demande alors : « Seigneur Dieu guide-moi vers Ta voie droite » alors qu’il y est déjà guidé et qu’il chemine déjà sur cette voie, et cette invocation veut donc dire : « rends-moi cette guidance perpétuelle toute ma vie durant. »

Deuxièmement :

Comme la voie droite consiste en la vérité révélée dans le livre de Dieu, c’est-à-dire le Coran, elle consiste également dans ce discernement que l’homme doit chercher et auquel il doit s’attacher, à chaque fois qu’il rencontre du nouveau dans les différentes affaires de sa vie. Les affaires de la vie ne cessent de se développer et de se renouveler, et l’homme ne cesse d’être confronté à des situations inédites. C’est donc en conformité à cette servitude de l’homme envers Dieu, que celui-là Lui demande chaque jour de le guider vers le discernement à suivre face à toutes ces nouveautés auxquelles il est confronté.

La voie droite n’est que la méthode correcte que Dieu a légiférée en avertissant du danger de s’en détourner, s’agissant de tout ce que Dieu a clairement expliqué dans Son Livre (le Coran), et qui s’applique également aux affaires nouvelles dues à l’évolution des modes de vie. Ne voyez-vous pas les tentations et les problèmes qui surviennent aujourd’hui dans la vie de l’homme ? Ne voyez-vous pas la perplexité qui saisit la pensée quant à la position à adopter face à ces questions modernes ? Le recours qui sauve l’homme croyant en Dieu de ces tentations et problèmes n’est autre que de retourner, continuellement et avec humilité, à Dieu, L’implorant de lui montrer la bonne voie à emprunter dans sa façon de traiter ces problèmes.

L’occasion dorée pour ce recours et cette imploration se trouve lorsque l’homme se dresse devant son Seigneur en prière. Tel est donc le sens de cette parole que le serviteur adresse à son Seigneur : « Guide-nous vers le droit chemin », et telles sont ses implications. Cette parole que prononce le serviteur devant son Seigneur n’est que le fruit de l’enseignement de « l’Ouverture », sourate du Coran récitée dans chaque prière. C’est donc la parole que Dieu apprend à Ses serviteurs de proférer dans les échanges qu’ils ont intimement avec Lui, lorsqu’ils se mettent à Le prier.

Troisièmement :

En dépit de tout ce que je viens de mentionner, la visée de ceux qui inventent cette question ambiguë (le musulman serait-il éloigné du droit chemin ?), c’est d’insinuer dans l’esprit du musulman, dont la culture religieuse est limitée, l’idée que l’islam ne constitue pas la voie droite. C’est pourquoi Dieu demande de rechercher Son aide afin qu’Il guide vers ce bon chemin celui qui ne l’a toujours pas trouvé.

À cette idée sournoise s’ajoute la suivante : Il est possible de chercher la voie droite dans d’autres croyances et religions ! Mais quelle est donc cette autre croyance qui constituerait la voie droite selon l’avis de ceux qui suscitent cette question faussement ambiguë ? D’après ce que j’ai lu et vu, il s’agit de la croyance promue par les évangélisateurs à travers leurs stations radiophoniques et chaînes télévisuelles. Personne n’ignore les idées qu’ils prônent, ni les efforts qu’ils déploient à faire apparaître la vérité que constitue le Livre de Dieu comme étant un amas d’incohérences. Mais voici le noble Coran, qui nous ordonne d’implorer Dieu dans chacune de nos génuflexions [rak‘a] lors de nos prières afin qu’Il nous guide vers le droit chemin. C’est le Coran qui nous informe de ce droit chemin, en nous le décrivant et en définissant son sens, de telle sorte qu’il ne sera aucunement possible de le mêler à ce qui n’en fait pas partie, de semer la confusion à son propos ou de lui proposer un chemin alternatif. Ecoute donc la définition coranique de la voie droite mentionnée dans la sourate « l’Ouverture » dans les versets suivants :

« Dis-leur : Approchez afin que je vous récite ce que votre Seigneur vous ordonné : de ne rien Lui associer, de témoigner de la bienveillance envers vos père et mère, de ne pas tuer vos enfants par crainte de la misère car c’est Nous qui pourvoyons à leurs besoins ainsi qu’aux vôtres ; de ne pas approcher le vice [peu importe] qu’il soit caché ou affiché, de ne pas tuer un être vivant (nafs) dont Dieu a interdit le meurtre sans raison valable ; telle est la recommandation qu’Il vous adresse afin que vous y réfléchissiez. Et ne vous approchez des biens de l’orphelin qu’animés des meilleures intentions et ce jusqu’à ce qu’il soit devenu mature. Acquittez la juste mesure et faites bon poids [lors d’une vente] ; Nous n’imposons à chacun que ce qu’il est en mesure de supporter et lorsque vous prononcez un jugement montrez-vous équitables fût-ce à l’égard d’un parent. Respectez les engagements contractés vis-à-vis de Dieu : toutes choses qu’Il vous recommande afin que vous les méditiez. Telle est Ma voie dans toute sa rectitude ; suivez-la et n’empruntez point les sentiers qui vous égareront hors de la voie de Dieu. Cette recommandation, Il vous l’adresse afin que vous sachiez vous prémunir. » (Coran, 6 : 151-153)

Telle est donc la voie de rectitude définie et proclamée dans le Coran. C’est pour elle que Dieu nous demande de L’implorer, afin qu’Il nous y guide et qu’Il nous aide à y avancer sans dévier. Elle commence par l’appel à croire en l’unicité de Dieu et à délaisser toute association, et se termine par l’appel à honorer la promesse faite à Dieu et qu’il nous incombe à tous d’observer à travers la foi en Lui et en Ses envoyés. Entre ces deux points de départ et d’arrivée, le Coran englobe tous les principes moraux et les valeurs humaines.

Cependant, lorsque nous récitons cette définition coranique du droit chemin vers Dieu, nous ne suivons pas en cela l’attitude des autres : nous ne manquons pas de respect envers les autres croyances, et nous ne les attaquons pas en leur lançant des flèches de critiques et de moqueries. Bien au contraire, car nous aspirons à l’unité et à la solidarité au sein de la grande famille humaine et sur la base du tronc commun entre tous ceux qui croient en Dieu (Exalté soit-Il). C’est aussi parce qu’avant tout, nous devons observer les ordres de Dieu qui nous dit : « Ne discutez avec les gens du Livre que de la manière la plus courtoise (litt. : de la meilleure manière) exception faite de ceux d’entre eux qui se sont montrés iniques et dites-leur : Nous avons foi en ce qui nous a été révélé comme nous avons foi en ce qui vous a été révélé et notre Dieu et le vôtre est un Dieu Unique auquel nous sommes soumis. » (Coran, 29 : 46)

Quant au dialogue, nous appartenons à sa famille, nous appelons à lui, et nous en sommes épris ! Comment pourrait-il en être autrement alors que Dieu nous le recommande ? Je dirais même qu’il est notre unique capital sur le chemin de l’appel à Dieu et les efforts à consentir dans Son sentier.

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