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Le danger de l’extrémisme pour l’islam

Louanges à Allah, paix et salut sur le Messager Mohamed et les siens.

Incontestablement, la paix porte l’aspiration et les espoirs de toutes les communautés humaines dans la mesure où elle fait régner un climat de sécurité et de quiétude.

Toutefois, la paix ne correspond ni à une œuvre ni à une activité humaine, elle correspond plutôt à la volonté intime de l’homme et à l’un de ses objectifs majeurs. Elle permet de remplir les objectifs et les désirs d’un homme en quête de moyens l’aidant à y parvenir et devient de ce fait un mode de vie pour lequel il met tout en œuvre afin de le réaliser.

Par le biais de quelle conduite peut-on aboutir à la paix ? Quel moyen, une fois mis en œuvre, permettrait à la communauté humaine de réellement vivre la paix ?

L’unique moyen permettant d’atteindre cet objectif est de bâtir des rapports humains sur une base équitable. Il est évident qu’une telle pratique ne peut se produire d’une manière unilatérale du moment où elle émane de rapports entre individus se résumant au fait qu’on ne transgresse pas les droits des autres et qu’on ne délaisse pas les obligations d’usage envers eux. Un échange mutuel de bonnes pratiques permet d’y parvenir.

Ainsi la justice constitue-t-elle un échange de bonnes pratiques conférant à la société un climat de paix qui permet à ses individus de connaitre la sécurité et la quiétude. Faute de justice, le chemin amenant à la paix est perdu.

En tant que Message d’Allah à tous Ses serviteurs, le Coran invite d’une manière insistante à emprunter le sentier menant au havre de paix, à l’image du versé suivant où Allah – Exalté soit Il – dit :

« Ô les croyants ! Entrez en plein dans la paix » [Al-Baqara : 208].

Afin d’indiquer le moyen d’y parvenir, le Coran s’est donc focalisé d’une manière soutenue et réitérée sur la nécessité de construire tous les rapports humains sur une base équitable, il a même commandé aux gens le recours à cette base quelle que soit la situation, quelle que soit l’autre partie et quelle que soit la nature de la relation avec elle.

Méditez bien ces commandements en toutes circonstances :

  • « Et que la haine d’un peuple ne vous rende pas incriminable d’injustice, pratiquez l’équité, cela est plus proche de la piété, et craignez Allah car Allah est certes Expert de ce que vous faites » [Al-Maïda : 8].
  • « Et quand vous vous exprimez, soyez équitables même s’il s’agit d’un proche parent » [Al-An’am : 152].
  • « Certes, Allah vous commande de rendre les dépôts à leur ayant-droit, et quand vous arbitrez entre les gens, de juger avec équité » [An-Nissa : 58].
  • « Certes, Allah commande l’équité, la bienfaisance et la donation aux proches » [An-Nahl : 90].
  • « réconciliez-les avec justice et soyez équitables car Allah aime les équitables » [Al-Houjourate : 9].

Ces commandements répétés sur un ton variable, adressés à tous en vue de les soumettre aux règles de la justice correspondent forcément à l’interprétation du mot « Entrez » dans la parole suivante d’Allah – Exalté soit-Il : « Ô les croyants ! Entrez en plein dans la paix » [Al-Baqara : 208]. Ils indiquent l’unique et l’indispensable entrée amenant à la paix.

Ayant précédemment expliqué le sens de la justice, qui se résume au rétablissement des droits et des obligations, il est facile de comprendre que l’extrémisme correspond à la déviation par rapport à ce rétablissement. La justice semble représenter la large voie sécurisée rassemblant toute la grande famille humaine en circulation, tandis que l’extrémisme s’en écarte en dérivant tantôt à droite tantôt à gauche.

Dans la mesure où ces déviations éloignent incontestablement leur auteur de la voie de la justice, elles finissent immanquablement par l’embarquer dans une forme d’injustice. Car étant opposés, l’un occupe la place libérée par l’autre, l’occurrence de l’injustice déclenche l’étincelle de la discorde dont le souffle finit par balayer la paix et l’anéantir.

Par conséquent, tous ceux qui cherchent la paix doivent traduire leurs bonnes intentions en instaurant la justice et en veillant à sa préservation et à son impartialité. Nous ne doutons pas que celui qui mésestime les règles de la justice en sacrifiant les droits d’autrui devant ses propres intérêts est l’ennemi de la paix et finit par l’anéantir, qu’il soit un individu ou qu’il soit un représentant de l’Etat.

* * *

A la lumière de ce qui précède, nous pouvons maintenant dégager la signification du « terrorisme » dont le sens a toujours été masqué par la terminologie qui l’entoure avec toute la bonne volonté de nombreux pays et de nombreuses sociétés civiles. Ceux qui ont surpris le monde avec ce vocable en faisant de lui une mèche pour déclencher les guerres, devraient révéler publiquement leurs objectifs cachés derrière cette terminologie… Ce que je viens de dire permet de dégager le sens du « terrorisme » derrière le rideau de fumée : il s’agit de tout effort visant à déséquilibrer la justice et à violer sciemment, par égoïsme, les droits en faisant valoir la force dont les autres sont démunis.

Comment protéger la paix face à l’assaut du terrorisme qui s’interpose entre la majorité des sociétés et la paix qu’elles convoitent en instaurant un climat de rupture et en intercalant un profond fossé creusé par la main du terrorisme?

Afin d’y parvenir, il faut se conformer à la loi prescrite par Allah Qui dit: « C’est dans le talion que vous aurez la préservation de la vie, ô vous doués d’intelligence, ainsi atteindrez-vous la piété » [Al-Baqara : 179]. En d’autres termes : on y parvient en s’attaquant à ceux qui attentent à la paix et en leur infligeant une punition identique à leur crime. Indubitablement, c’est l’indispensable muraille protégeant la paix.

A chaque fois que le Coran aborde le thème du djihad et du combat, il le fait en termes exprimant ce principe, il n’y a aucun verset appelant au djihad ni au combat en dehors de l’opposition à ceux qui insistent à détourner la justice en leur faveur et à imposer un régime d’oppression à autrui. Dès que les agresseurs stoppent leur oppression et acceptent la paix, il faut arrêter de s’en prendre à eux et leur tendre la main afin de préserver conjointement la paix, tout doit être mise en œuvre pour y parvenir.

La parole d’Allah – Exalté soit-Il – le montre bien: « Combattez dans le sentier d’Allah ceux qui vous combattent et ne transgressez pas. Certes, Allah n’aime pas les transgresseurs » [Al-Baqara : 190].

Nous le comprenons également bien quand Allah – Exalté soit-Il, dit : « Allah ne vous défend pas d’être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion et ne vous ont pas chassé de vos demeures. Car Allah aime les équitables » [Al-Momtahina : 8].

Quelqu’un voulant traquer les mots liés au combat et au djihad dans le Coran, en faire le décompte, les sortir de leurs contextes et les isoler de leur phrasé, pourrait prétendre que le Coran comporte un lexique terroriste intimant aux gens des ordres de meurtre, d’agression et de djihad. Le problème de cette personne est qu’il occulte pour cela les termes du pardon, d’indulgence, d’affabilité, de bienfaisance et d’équité dont le noble Coran regorge, dont il aurait trouvé un nombre bien plus grand que celui du combat et du djihad s’il en avait bien voulu faire le décompte. Néanmoins, n’importe quel mot tiré individuellement du dictionnaire, n’ayant pas encore été employé pour exprimer une loi ou un avis, ressemble à de la matière brute pouvant être préposée à n’importe quelle utilisation ou transformation. Elle offre simplement des dispositions d’utilisation ou de fabrication tant qu’elle n’est pas incorporée dans un procédé de transformation ou de création.

Quand la justice cède la place à l’oppression, il est probable que le sentiment d’injustice envahisse l’oppressé en détruisant en partie son innocence et en l’amenant à se venger de l’oppresseur, ceci étant dû à la révolte provoquée par l’injustice dans l’esprit de l’opprimé. Mais le Coran l’a interdit et a ordonné l’oppressé de ne pas aller trop loin dans la vengeance ou dans la riposte pouvant entraîner en plus de la mort du criminel qui l’a opprimé celle de son innocent entourage. N’a-t-Il pas dit : « Et sauf en droit, ne tuez point la vie qu’Allah a rendu sacrée. Quiconque est tué injustement, alors Nous avons donné pouvoir à son proche. Que celui-ci ne commette pas d’excès dans le meurtre, car il est déjà assisté » [Al-Isra : 33].

L’esprit de vengeance est une réaction naturelle humaine contre l’injustice qui se répand dans la société quand règne la raison du plus fort : où entre la force le droit s’efface. Cette effervescence envahit en ce moment les sociétés occidentales dépassant nos sociétés islamiques… Quelle qu’en soit l’origine, la sharia islamique la bride à l’aide d’une éducation religieuse nourrie par la crainte d’Allah et la soumission à son autorité et à son règne. Certes, nous savons très bien que les forces du mal stimulent cette effervescence dans l’esprit des oppressés et les poussent à dépasser les limites des jurisprudences et du droit afin de mériter l’inculpation de terrorisme. Ainsi les planificateurs trouvent-ils des justificatifs superficiels pour subtiliser les droits et pour piller les patries, les archives regorgent de nombreux exemples et de nombreuses confidences à cet égard.

* * *

Pour finir, j’ai le plaisir de conclure mes propos par cette question à laquelle j’espère recevoir une réponse convaincante : En 1976, le directeur de l’institut australien de criminologie, William Clifford, a présenté à l’ONU un rapport dans le cadre de son mandat suivant la série des congrès tenus par l’organisation arabe de défense sociale contre le crime, issue de la ligue arabe. Le contenu du rapport, en résumé, attire l’attention des pays occidentaux sur la vraisemblance de l’occurrence de ce qu’il a appelé «un sérieux éveil islamique» des pays arabes, qu’une fois combiné aux gisements de pétrole dont disposent ces pays, il est probable que ces deux vecteurs de force résultent en une réelle menace pour la civilisation occidentale. Le rapport recommande, en conséquence, que les pays occidentaux mettent au plus tôt la main sur les gisements de pétrole par tous les moyens possibles.

Notons que ce rapport de trente pages n’a pas employé une seule fois le terme « terrorisme », la stratégie des politiques occidentaux ne s’appuyant pas encore cette terminologie.

Pourquoi cette étiquette de « terrorisme » a-t-elle été trouvée puis collée à l’islam et aux musulmans après que les institutions occidentales concernées aient reçu ce rapport qui leur recommande d’extorquer les gisements de pétrole à ses propriétaires et d’œuvrer pour empêcher que « le sérieux éveil islamique » puisse se profiler à l’horizon ?

Le monde arabo-musulman peut-il recevoir une réponse convaincante à cette question de la part des organes ayant reçu le rapport de William Clifford et l’ayant étudié et mis en application ?

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