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Message à l’occasion du décès de Cheikh al-Bouti

A Allah nous appartenons et à lui nous retournerons
par al-Habib Ali al-Jifri

groupe22/03/2013

Les nouvelles du décès de notre Cheikh, le Savant, l’Imam, Mohammad Sa’id Ramadan al-Bouti nous sont parvenues. Dans la nuit de vendredi, durant son cours hebdomadaire à la mosquée Jami’ al-Iman de Damas, d’une explosion criminelle dans laquelle son petit-fils Ahmad et nombre d’étudiants en religion périrent également en martyr. Les cœurs de ceux qui connaissent la valeur de ce grand homme ont été brisés par la nouvelle de sa disparition; une montagne des montagnes et un luminaire des luminaires du savoir.

Il passa sa vie comme enseignant, auteur, et prédicateur. Il avait renoncé au monde et était courageux dans la poursuite de la vérité; A partir de là il fit oeuvre d’indépendance de jugement sur la situation actuelle et détermina que celui-ci était correct, faisant fi de l’agrément ou de la désapprobation des gens à ce sujet. Des générations de cette Oummah apprirent de ses enseignements et de ses livres.

Le Cheikh écrivit plus de soixante ouvrages dans des domaines variés qui couvraient des sujets philosophiques, théoriques, spirituels et du droit musulmanes. Il participa a un nombre incalculable de conférences et de séminaires et joua un rôle pré-éminent lors des conférences algériennes des années 1980 qui cherchèrent à revisiter de manière critique la pensée extrémiste et intolérante. Cheikh al-Bouti fut l’un des plus importants signataires de la lettre « A Common Word » [pour un dialogue inter-religieux basé sur l’amour de Dieu et de son prochain].

Allah m’a généreusement gratifié de pouvoir apprendre de lui, de rester en sa compagnie et de voyager à ses côtés. J’ai vu en lui la connaissance, la prudence, l’abstinence, un cœur empli d’amour pour Allah et des yeux qui versaient d’abondantes larmes d’amour et de crainte révérencielle. Il avait rejeté le monde alors même qu’il fut présenté de nombreuses fois à lui, se contentant d’un modeste appartement et de ce qu’il faut pour vivre.

Je lui ai parlé au téléphone il y a deux semaines et la dernière chose qu’il me dit fut : « seuls quelques jours de ma vie me restent et je sentirais le parfum du Paradis; n’oublie pas ton frère dans tes prières. »

Les savants qui furent en désaccord avec lui, sans parler de ceux qui partagèrent ses analyses, portèrent témoignage de sa véridicité, de son intégrité et de sa pensée scrupuleuse, et qu’il ne s’exprima sur un sujet qu’après s’être forgé un jugement de manière indépendante et profonde.

Dans ses derniers jours il avait l’habitude de dire : « J’espère sincèrement qu’aucun de ceux qui m’ont calomnié ou m’ont couvert d’accusations du fait de leur opinion personnelle ne soit privé de la récompense du moujtahid [un juriste exerçant son raisonnement légal personnel, leur récompense ayant été établie par le hadith] »

O Allah accueille le comme un martyr et accorde lui le Paradis le plus élevé, al-Firdaws, et fait de son arrivée dans Ta proximité une intercession pour lui-même, sa famille, ses étudiants, et pour lever l’épreuve qui s’est abattue sur Shaam, son peuple et la Oummah, et donne lui un successeur vertueux.

Ceux qui trouvent cet ignoble crime acceptable du fait de leur divergence avec l’analyse du Cheikh se retrouvent complices de ceux qui l’ont perpétré et partagent le péché du meurtre et de la violation des maisons d’Allah.

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